Ektachrome

Vidéo ou Installation. Acier, haut-parleur, ordinateur. Audio 3 voix . 210*60*50cm + écran de projection.

Impression numérique 58 x 43 cm

Une vue perspective s’organise autour d’un ou de plusieurs points de fuite. Ces points n’en sont pas vraiment, puisqu’ils naissent de lignes parallèles qui ne sont pas amenées à se rejoindre. C’est donc l’imperfection du dessin qui évoque cette appellation de «point». «Ektachrome» associe les membres d’une famille comme autant de lignes de construction qui se rejoignent dans ce point imaginaire qui incarne l’ailleurs, l’étranger, l’outre-territoire, ce qui sort du dessin. Fabriqué à partir de films super 8 anonymes dans les années 70, ce film fait à partir d’un programme génératif évoque ce point idéalisé où toutes les lignes, les membres de la famille, semblent pouvoir se réunir dans une identité et une unité parfaite. Ce point de perfection semble se situer dans des pays étranger décris par les commentaires grandiloquent que le père de famille, en cinéaste amateur consciencieux, a enregistré.

«Ektachrome» parle de cette époque ou les techniques de cinématographie amateur se conjuguaient avec la démocratisation récente des voyages autour du monde. Ainsi se vulgarisait une nouvelle conception visuelle, que Virilio appela «dromoscopie», où c’est le spectateur qui se jette littéralement dans les paysages grâces à des véhicules, tels que des avions, et des dispositifs de visée, telle que les caméras. Jouant de la séparation chromatique des couleurs ainsi que des grains de la pellicule argentique, «Ektachrome» déconstruit la technique cinématographique amateur ainsi que la figuration pour ne garder que l’émotion de l’atteinte éphémère de ce fameux point de fuite dans lequel une apparence de bonheur familiale semble se condenser.