Reprise de « Tout va bien en Amérique » le 1er avril dans le cadre du festival banlieue bleue à l’espace 1792 à Saint-ouen, puis au Grand Théâtre du Luxembourg les 25 et 26 avril.

LE MAGAZINE LITTERAIRE
“…Dans une excellente scénographie d’Éric Vernhes, sept comédiens et musiciens disent, chantent et jouent divers récits de fondation des États-Unis d’Amérique. Ces récits de fondation sont des récits de destruction. Celui de Christophe Colomb ne s’enthousiasme de la gentillesse des Indiens que pour mieux programmer leur sujétion et leur évangélisation. Celui de Catherine Weldon raconte comment la jeune artiste, ayant pris le parti de Sitting Bull, a été mise au ban de la communauté blanche. On revit ensuite l’anti-western de Robert Altman, McCabe & Mrs Miller, les délires prophétiques du Ku-Klux-Klan, les règles de ségrégation raciale, l’adaptation forcée des immigrés siciliens… Chaque performeur divise sa propre voix, en fait jouer des tonalités et des sonorités contradictoires. Aucune voix ne se ressemble. On passe de l’une à l’autre allègrement, parfois à une vitesse folle, à la limite de la superposition, comme on passe tout aussi rapidement du français à l’anglais surtitré et à l’anglais sans surtitre, de la parole au slam, du slam au gospel et du gospel au chant de cabaret. Ici, au contraire du spectacle de Lepage, rien ne coïncide. Cette non-coïncidence prend le parti des individus. Chaque figure visitée et presque aussitôt abandonnée émeut, par la grâce conjuguée du récit et de l’engagement vocal et corporel du conteur-chanteur. Tout, même les images projetées sur l’écran dressé derrière l’espace des musiciens, est d’abord l’objet d’un extraordinaire travail rythmique. Cette discontinuité permanente et mobile est savamment orchestrée pour l’avenir. C’est ainsi, en tout cas, que Benoît Delbecq décrit son projet : «Gospel à venir, baroque re-songé, rap de demain, jazz d’après-demain, soul songs du futur remixées sur le vif, spoken-word post-contemporain…»

RHINOCEROS
Cecile Maslakian
« Des gospels des champs de coton au rap et au slam d’aujourd’hui en passant par le jazz, le champ musical est vaste et riche et la partition du spectacle s’en fait l’écho avec ampleur et force. Mieux qu’un support au récit, elle le rend vivant et vibrant, elle lui donne du corps et de la chair. Rien de plus électrisant que la présence d’Ursuline Kairson qui vit et chante le gospel comme elle respire.  Et quelle force se dégage des slams graves de Mike Ladd dénonçant la violence et la peur ! L’œil aussi est à la fête. La mise en espace est brillante dans tous les sens du terme et les projections d’Eric Vernhes habitent littéralement le plateau. Très inspirées, ses images palpitent, crépitent et irradient la scène. »

Un essai théâtral et musical de  Benoît Delbecq et David Lescot
Mise en scène    David Lescot
Direction Musicale    Benoît Delbecq
Scénographie    Eric Vernhes
Cinéaste électronique    Eric Vernhes
Lumières    Paul Beaureilles
Costumes Sylvette Dequest

Batterie et électronique en temps réel    Steve Argüelles
Narration, chant, électronique et personnages multiples    D’ de Kabal
Piano, claviers, électronique, chant, narration    Benoît Delbecq
Narration, chant, clavier, personnages multiples   Irène Jacob
Chant gospel, narration    Ursuline Kairson
Slam, narration, claviers, électronique    Mike Ladd
Guitares, électronique, chant, narration    Franco Mannara