Le slit-scan est à l’origine une technique photographique qui permet, par une exposition partielle du film pendant la prise de vue, de figer un mouvement dans son développement, donnant ainsi l’impression d’une « mise à plat » du continuum temporel.
Je me suis interressé à cette technique car j’y vois une tentative assez juste du théâtre de notre conscience, ou encore de l’image « en conscience » par opposition avec l’image perçue, soit directement soit par l’intermédiaire d’outils de reproduction.
L’image « en conscience » serait ce que nous faisons d’une image dés qu’elle a été perçu et décodé par notre cerveau et qu’elle vient se nicher dans les replis intime de notre conscience et l’habiter.
Sitot perçu, l’image se met à agir sur notre mémoire pour s’en nourrir par des analogies avec d’autres images qui viennent ainsi se « greffer » à elle. Ces analogies servent d’abord a décoder l’image, puis à l’incorporer au substrat conscient et inconscient qui nous sert a comprendre le monde. L’image en conscience serait cette image initiale transformée, « épaissie » par tout les greffons, volontaires ou inconscient de notre mémoire proche et lointaine. Elle n’est plus rattaché a un instant, mais a une histoire en construction. Par la plasticité du temps, de l’espace et des identités qui les caractérisent.Les images révés s’en rapprochent surement,
L’image en conscience porte donc en elle, outre ses composantes d’origines visuelles, tout ce que notre conscience peut recréer par elle.
Tenter la représentation d’une telle image, c’est à dire vouloir rendre l’image d’une telle « image en conscience », revient donc a tenter de montrer une image de la conscience elle même en train d’œuvrer.

En ce sens, le slitscan est une proposition interressante. Regardant un slit-scan, nous regardons un « bloc » de temps dans son ensemble. Notre œil voyage a l’intèrieur du « panorama » d’une mémoire. 
(voir aussi « From now« )