Les mots silencieux

Logiciel spécifique sur écran 4K.

Un texte réside dans l’ordinateur et est affiché sur un écran. Toutefois, il reste indéchiffrable, car Le logiciel invente continuellement de nouveaux symboles logographiques pour représenter chaque mots. Il les génère, les permute, et crée donc continuellement un nouveau système d’écriture, un nouveau code de représentation de la pensée.

Le dispositif « mots silencieux » fait partie de la série des « machines à écrire » ( comme l’installation « machine à écrire 1 »). Ce sont des machines célibataires qui s’expriment pour elle même, par elle même, en elle même, sans interaction avec l’observateur. Continuellement, elle produisent de l’écriture selon des systèmes logographiques, syllabique ou alphabétique dont le fonctionnement reste hermétique et mystérieux. Le but des « machines à écrire » est d’explorer ce qui fait « le souffle » de l’écriture, d’expérimenter le déploiement de ce geste qui donne sens, par son mouvement lui même, à l’humain, et fait avancer le temps. « Les mots silencieux » s’inscrit plus particulièrement dans une recherche qui explore la relation du geste au signe, comme d’autres oeuvres explorent la relation de la musique au langage. Je citerai comme référence Brion Gysin, chez qui les recherches picturales tendaient a débarrasser l’écriture du signifiant et de la sémantique pour inventer une pensée imagée et silencieuse. Le texte caché dans cette édition de « mots silencieux est reproduit ci-dessous. Il peut changer en fonction des éditions.

« je suis ce que tu dis de jours en jours en croyant dire autre chose mais aussi un murmure en toi qui te fais avancer et tout ce que tu n’arrivera jamais à dire mais dont tu cherches avec acharnement les mots et tu te construit sur cet acharnement et je suis les mots d’amour que tu dis et qui ne sont pas compris et les mots d’amours que tu ne diras pas car ceux a qui il sont destinés ne seront jamais connus de toi ou déja morts mais je suis aussi une prière pour celui en qui tu crois sans le savoir et qui te sauve malgré toi et une prière pour celui en qui tu crois en le sachant mais dont tu ne connais pas le nom je suis le texte caché je suis une loi ignorée je suis le témoignage que personne ne demande je suis ton histoire destiné à être oubliée et je suis aussi ce que tu lis dans le regard de l’autre et qui n’est pas vrai ou qu’il ignore lui même mais surtout je suis ce qu’il dit et que tu n’entend pas et ce que tu dit et qu’il n’entend pas je suis une loi que l’on ne connait pas et qui est pourtant là toujours je suis les souvenirs que tu as oublié mais qui guident tout tes gestes et je suis le manque de mot et je suis tout les mots à la fois ton ombre et le soleil »

Brion Gysin – Graph -1963