Mon amie Anne-Laure de Franssu, réalisatrice, organise une exposition autour de la mémoire et de l’effacement. Le travail cinématographique qui est exposé est issu d’un atelier de création mené avec des personnes atteinte de la maladie d’alzheimer.
Elle m’a demandé dans ce cadre de lui préter « Ses nuits blanches » et « Résistance » qui cotoieront également, outre les 6 « Lettres filmées » d’Anne-Laure, des peintures de Patrick Loste.
Cela se déroule du 20 mai au 20 juin à la maison de la Catalanité, 11 rue du Bastion saint-Dominique à Perpignan.

« …Ne plus se souvenir, perdre une partie de sa mémoire est une manière de s’exiler de soi-même.

L’écriture, la peinture, comme le cinéma sont des moyens de fabriquer des traces.
Mené au sein de l’Association Le Grand Platane de Perpignan, l’objectif de l’atelier que j’ai développé a été, d’ouvrir un espace différent à des personnes malades d’Alzheimer pour leur permettre à partir de la formulation de souvenirs, mis en mots et en images, d’avoir accès à un nouvel espace à investir – comme un nouveau pays à habiter. Cet atelier a permis l’élaboration de 9 lettres manuscrites et de 6 lettres filmées.
Chacune d’entre elles est l’aboutissement d’une année de travail, elles se sont écrites strate par strate avec parfois un début de phrase en commun, parfois une image. Dans tous les cas, il a été demandé à chacun, de dire qui il est, à qui il souhaite s’adresser et de noter chaque fois ce qui lui passait par la tête. Beaucoup de joies, d’hésitations, de doutes, de peurs se sont formulés. 
Pour certain, cela a donné lieu à l’énonciation d’un unique souvenir en boucle, qui s’est précisé au fil du temps. Pour d’autres, chaque souvenir en  a appelé un autre et a permis d’inscrire une continuité. Parfois ils y évoquent la maladie, l’âge ou le temps qui passe… Tous, ils sont retournés vers le lieu de leur enfance. Tous, ils se sont étonnés de se souvenir « qu’ils y étaient » et qu’ils y sont encore. La page blanche a été comme une porte à franchir… » 

Anne-Laure de Franssu.